TRAME :
Résidence de création à quatre mains — Juin/septembre 2026 — Abidjan, Côte d'Ivoire.
Tout ce qui est vivant semble exiger une forme d'écoute de l'autre.
Dans une forêt, les arbres, les champignons et les racines tissent un réseau d'échanges complexes, fait à la fois de coopération et de résistance. Aucun être n'existe seul. La résilience du système naît de cette tension productive, non d'une harmonie idéale. C'est en Côte d'Ivoire que ce projet prendra sa prochaine forme. Je vais à la rencontre des mains d'Abidjan — mais aussi du territoire lui-même : son climat, ses bruits, sa nature, sa langue, sa culture.
Je me laisse traverser par ce que le lieu exige de moi autant qu'il m'offre. Parmi les personnes rencontrées, je choisis de m'engager plus profondément avec l'une d'elles. Ce n'est pas une fusion immédiate. Il y a des ajustements, des timidités, parfois des frictions — comme dans tout échange vivant. C'est précisément à ce point de bascule, lorsque la résistance devient matière de travail, que les fils de nos pratiques et de nos esthétiques commencent à s'entremêler.
Les œuvres présentées dans l'exposition finale porteront la trace de ce cheminement. Certaines témoigneront d'une approche encore prudente, d'une présence mutuelle qui se cherche. D'autres révèleront le moment où une audace partagée s'installe — où deux façons de travailler tentent, le temps d'une pièce, de former un langage commun. C'est là que commence véritablement la TRAME.
Vertèbres, série de sculptures antérieures, constituera le point de départ de cette résidence — une graine apportée, offerte au sol local, pour voir ce qu'elle devient au contact d'une autre terre, d'autres mains, d'autres matières.